TCC, Thérapie Comportementale Cognitive. Comment peut elle nous aider ?

Voici la définition l’AFTCC (Association Francaise TCC) : « Les thérapies comportementales et cognitives sont des prises en charge de la souffrance psychique reposant sur une méthodologie directement issue de la méthode expérimentale appliquée au cas particulier d’une personne. Plus que les techniques qu’elles emploient, elles ont l’avantage de proposer une modélisation du fonctionnement humain basée sur les théories de l’apprentissage. Ainsi, le postulat de base des TCC considère un comportement inadapté comme la résultante d’apprentissages liés à des expériences antérieures survenues dans des situations similaires, puis maintenus par les contingences de l’environnement. La thérapie visera donc, par un nouvel apprentissage, à remplacer le comportement inadapté par un comportement plus adapté correspondant à ce que souhaite le patient. »

Il s’agit d’une thérapie brève, qui en général se déroule sur plus ou moins 10 séances (1H30) individuelles ou en groupe, et sur 3 à 6 mois. Elle vise principalement à modifier la façon dont une personne vit, ou aborde une difficulté, une incertitude, une idée, bref, les sources d’anxiétés.

Par exemple, pour les phobies, la TCC va viser non seulement à amener la personne à analyser la situation sous un autre angle, mais aussi à effectuer une forme de désensibilisation en forçant une exposition petit à petit. Ainsi, une personne agoraphobe se verra soumise à des zones avec de plus en plus de concentration de public, de façon à l’habituer à gérer sa phobie. Dans le cas des troubles anxieux, source de rumination, d’anticipation, et d’analyse déformée de la réalité, la TCC va aider la personne à prendre du recul sur l’évènement, et à l’analyser différemment de façon plus positive en modifiant ses schémas mentaux. Par exemple, si un homme rentre tard de son travail, une femme anxieuse ne pourra s’empêcher de penser qu’il a eu un grave accident, même si cette information est irraisonnée et fondée sur rien de concret. La TCC va imposer un autre angle de vision que la personne anxieuse n’aurait pas imaginé d’elle-même, « et si mon mari avait eu une réunion de dernier moment ? ». Je schématise volontairement les principes, mais, ce qu’il faut retenir c’est que les TCC ont pour but de « reprogrammer » notre cerveau pour traiter une information de façon différente. La personne anxieuse analyse la majorité des situations de façon négative, c’est physiologique, il faut donc un effort spécifique pour l’amener, petit à petit, à changer de paradigme, et à diminuer ainsi son anxiété générée par des événements passés (rumination), ou futurs ( anticipation).

Concrètement, lors de séances individuelles ou en groupe, les patients vont devoir réfléchir sur des points tangibles sources d’anxiétés, en posant, par exemple, des tableaux dans lesquels vont être reportés leur sentiment, leur vision de l’évènement, puis ensuite une analyse plus réfléchie de la situation, et donc une vision finale différente, plus logique. Rappelez-vous qu’en qualité de personne atteinte par un trouble de l’anxiété, on a tendance à laisser l’émotionnel prendre le dessus sur le cognitif, à partir de là, il convient de prendre conscience que ce que nous pensons, imaginons, n’est pas toujours la réalité.

Ce point m’amène à vous rappeler une règle importante : « en état d’anxiété, je dois prendre la décision de ne prendre aucune décision ! ». En effet, en état d’anxiété, mes analyses sont fausses, et la réalité déformée, je ne dois donc prendre aucune décision dans ces moments-là, car cela serait à coup sûr une erreur…

En conclusion, les TCC visent, à travers des exercices et des mises en situation, à modifier notre façon de penser un événement passé ou futur, à ce que le cognitif reprennent le dessus sur le pur émotionnel, à apprendre à gérer au mieux nos émotions pour qu’elles n’interfèrent pas ou peu sur notre vision de la réalité.

Pour information, il vous est tout à fait possible de réaliser seul des exercices de TCC qui pourront vous aider, via des livres sur le sujet (vous en trouverez des centaines). Pour les cas légers, cette autothérapie peut être suffisante pour débloquer certaines situations et mieux appréhender nos modes de raisonnement en vue de les corriger. Pour les cas plus difficiles, l’idéal est de se rapprocher d’un thérapeute spécialisé, si vous êtes suivi par un médecin généraliste ou psychiatre parlez-en avec lui et voyez s’il peut vous conseiller un programme en hôpital ou en séance individuelle.

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