Coeur, cerveau, et anxiété : quelle relation ?

Il s’avère qu’il existe une relation particulière entre notre cœur et notre cerveau. Cela est d’autant plus sensible que nous savons aujourd’hui que le cerveau n’est pas le seul organe à disposer de neurones. Il y a aussi le cœur et l’intestin. De fait, l’ensemble interagit et réagit aux diverses sollicitations (nourritures, émotions, informations, repos, pensées, etc.) que nous vivons chaque jour.

Concrètement, lorsque notre cerveau est en « mode panique » le cœur accélère. Dans le cas d’une crise d’angoisse, beaucoup de personnes sont persuadées d’avoir une attaque cardiaque tant le cœur s’emballe et semble vouloir sortir de la poitrine. Il existe de nombreux cas de personnes transportées à l’hôpital par ambulance dans cette situation, pour une situation ne relevant finalement pas de la cardiologie. Mais, nous savons aussi que l’effet inverse existe, ce qui est étonnant. C’est-à-dire qu’une accélération cardiaque peut mettre le cerveau émotionnel en panique… Le Dr Servan-Schreiber conseillera ainsi des exercices de cohérence cardiaque (cf. article) à ses patients. La relation existe donc dans les deux sens, et cela se mesure très bien.

La liaison physique qui existe entre le cœur et le cerveau s’appelle le système nerveux périphérique autonome (appelé ainsi car il gère certaines phases en toute autonomie comme la respiration, ou les battements cardiaques), qui est constitué dans un sens par le réseau sympathique, et son opposé le réseau para-sympathique. Pour schématiser, la branche sympathique accélère le rythme cardiaque, en libérant de l’Adrénaline et de la Noradrénaline, là où la branche para-sympathique tâche de ralentir le cœur et de calmer le cerveau, en libérant des neurotransmetteurs comme l’Acétylcholine, la Sérotonine ou le Gaba. Le Dr Servan-Schreiber parle d’accélérateur et de frein, comme pour un véhicule ! Comme on le voit, c’est un système d’équilibre chimique, subtil, dont on ne maîtrise pas encore toutes les facettes ! Et, lorsque le système se déséquilibre, plus rien ne va. Ainsi, dans le cas de l’anxiété chronique, le système sympathique emballe trop notre corps avec les effets physiologiques que nous connaissons, sans que le para-sympathique ne puisse le ralentir. Soyons clairs, il est impossible à notre volonté ou à notre conscience de maîtriser cela. Il va donc falloir que le cerveau et le cœur se remettent à l’équilibre, via des médicaments dans les cas graves, via d’autres moyens quand cela est possible, et dans tous les cas il va falloir du temps. De même, concomitamment, il faudra, via des thérapies, aider notre cerveau à retraiter correctement les traumatismes créés par les attaques et l’anxiété généralisée.

C’est aussi pour cela qu’il est intéressant de ralentir sa respiration de façon à se calmer et d’ainsi ralentir son rythme cardiaque. Ce changement de rythme envoie un signal au cerveau, qui pourra alors se calmer, un peu. Une lente et profonde expiration favorise le réseau para-sympathique.

C’est bien ce rapport entre le cerveau, le cœur, et aussi notre intestin (les interactions sont actuellement très mal connues, c’est vraisemblablement un des enjeux de la médecine de ce début de XXIème siècle) qui est au centre de notre problématique. Les échanges chimiques (hormones, neurotransmetteurs) ont pour résultante notre équilibre physique et mental, une petite variation peut avoir des conséquences importantes. Et, si la science a fait d’importants progrès en la matière depuis trente ans, nous sommes encore très loin de comprendre ces mécanismes si complexes, et mettons en œuvre des solutions limitées et, osons le dire, empiriques.

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