Traiter son Trouble de l’Anxiété Généralisé : par quoi commencer ?

Vous voilà touché par un Trouble de l’Anxiété Généralisé, avec des attaques de paniques et peut être des phobies 😦 Il va vous falloir réagir, vous prendre en main. Concrètement, quoi faire et dans quel ordre ? Je vous donne ici mon point de vue, qui sera peut-être à adapter pour vous en fonction de votre personnalité et de l’état d’avancement de vos symptômes. Volontairement, je ne passe pas en revue tous les traitements possibles, mais vous propose de rentrer à minima dans le schéma suivant, enfin, je pars du principe que vous vous trouvez dans une phase initiale de vos troubles.

Etape 1 : Vous devez prendre rendez-vous avec votre médecin généraliste. Vous allez lui évoquer vos symptômes et vos ressentis. A partir de là, vous devrez voir avec lui deux choses. Tout d’abord, mettre en place un arrête de travail si vous le sentez nécessaire, ce qui sera probablement le cas. Un premier arrêt de trois ou quatre semaines semble un minimum. Puis, vous devez discuter avec lui de la nécessité d’un traitement à base d’antidépresseur IRS. En fonction de votre état, cette prise de médicament n’est peut-être pas nécessaire immédiatement. Vous pouvez en accord avec lui, vous laissez un peu de temps, environ un mois ou deux, pour mettre en place des traitements alternatifs, vous reposer et voir comment la situation évolue.


Avec ou sans antidépresseur, si, au bout de trois mois environ, vous n’avez pas noté de progrès, strictement aucune amélioration de votre état, demandez à ce qu’il vous adresse à un spécialiste, un psychiatre. Dans l’idéal, il serait bien que ce psychiatre soit en plus thérapeute d’une des techniques de thérapie brève.

Etape 2 : Si ce n’est pas déjà le cas, vous allez devoir adopter une très bonne hygiène de vie. Vous coucher suffisamment tôt (22 heures), vous lever à heure fixe, faire 3 repas par jour à heure fixe, limiter le café, l’alcool, et toute forme d’excitant. Supprimer le tabac si vous fumez. Manger sainement, des protéines animales matin et midi (apport acide aminé pour la Sérotonine) mais pas le soir où le repas doit être plus léger. Faire du sport (étape 5), prendre du repos (étape 4), penser votre être dans sa globalité (étape 7). Vous pouvez naturellement faire des écarts (restaurant, fête, …), cela est même une très bonne chose, mais durant quelques temps vous devez être attentif au fait de ne pas perturber inutilement votre corps.

Etape 3 : Vous devez impérativement rentrer dans un mode d’acceptation et de bienveillance. Essayez de lutter le moins possible, modifier vos pensées en ce sens. Je vous rappelle que la peur engendre les symptômes qui engendrent la peur… Le seul moyen de casser ce cycle infernal est d’éliminer la peur, donc d’accepter « sans crainte » et avec compassion les crises et les moments de mal-être. Ce point est probablement le plus difficile à mettre en œuvre, vous allez voir que votre cerveau va naturellement résister. Quand une crise se déclenche, ne chercher pas à la calmer ou à la diminuer, augmenter les tremblements, augmenter la douleur abdominale ou thoracique, laisser votre cœur « sortir » de la poitrine. Faite « monter la sauce », s’il faut que l’orage gronde alors que cela soit un orage mémorable ! D’autre part, en journée, alors que vous n’avez pas de crise, à plusieurs reprises, le matin ou l’après-midi, isolez-vous, et au calme en fermant les yeux si nécessaire essayez de provoquer une crise. Oui, vous avez bien lu ! Pour cela, vous pouvez, en pensée, vous mettre dans une situation susceptible de vous provoquer une crise dans la réalité (lieu avec du monde, voyage en avion, discussion difficile avec votre patron ou un collègue …), faite cet exercice durant 10 mn, puis prenez 10 mn pour vous calmer, vous apaiser. Enfin, de façon à limiter les mauvaises associations mentales, tâcher de pratiquer des exercices de « reprogrammation », vous pouvez faire cela en même temps qu’un moment de relaxation.

Etape 4 : Du repos. Il vous faut aménager des phases de « repos forcé » durant votre journée. Si vous êtes arrêté l’organisation sera plus facile, sinon, mettez tout en œuvre pour pouvoir vraiment vous reposer à la pause méridienne, puis dès la fin de votre journée de travail. Cette phase de repos doit être physique (allongez-vous, fermez les yeux, dormez si vous le pouvez), et mentale (faite 20 minutes de méditation, offrez-vous une séance de massage ou de spa, asseyez-vous dans une église, écoutez une musique relaxante, etc.). Si vous avez maintenu votre activité professionnelle, revoyez votre organisation en déléguant plus et en réduisant votre amplitude horaire (terminez plus tôt durant quelques mois, minimum 6, et ne travaillez pas le vendredi après-midi de façon à vous allouer 2.5 jours de pause). En résumé, vous devez préserver votre corps et le peu d’énergie qu’il vous reste, devenir économe.

Etape 5 : En résonnance avec l’étape 4, vous devez trouver le moyen de pratiquer régulièrement une activité sportive. Même quand la fatigue se fait sentir, l’activité physique est possible et nécessaire à votre bien-être et aux différentes productions chimiques de votre corps. Là, trois cas de figure. Le premier, le plus simple, vous aimez le sport, vous pratiquez, dites-vous alors que la maladie ne doit pas vous empêcher de pratiquer, bien au contraire, même si vous devrez peut-être envisager quelques adaptations. Deuxième cas, vous n’aimez pas le sport, et la dernière fois que vous avez couru c’était il y a bien longtemps ! Et bien, il va falloir faire un petit effort, cela en vaut le coup. Mais pas de panique ! Vous pouvez trouver un coin sympathique, où pratiquer la marche ou la course à pied, même en toute petite foulée, même dix minutes pour commencer. Ou bien envisagez de la natation, du tennis, ou toute autre activité qui pourrait même à minima vous motiver et vous faire transpirer. Si possible, essayez de trouver une personne avec qui vous entraîner et vous motiver. Enfin, troisième cas, pour des raisons physiques vous ne pouvez pas pratiquer de sport. Dans ce cas, bien entendu la question ne se pose pas, mais je vous conseille alors d’essayer de trouver le moyen de faire une longue balade en extérieur deux à trois fois par semaine, même s’il pleut, même s’il fait froid.

Etape 6 : Vous devez aider et soutenir l’activité chimique de votre corps. Vous avez compris que certaines productions de neurotransmetteurs et d’hormones ne fonctionnent plus correctement. En l’absence de traitement allopathique (soit que cela ne fonctionne pas, soit que vous ayez décidé de ne pas en prendre, soit enfin que les effets secondaires aient amené à l’abandon du traitement), et même si vous êtes sous AD, vous allez devoir vous appuyer sur divers apports et la phytothérapie.

Voici ce par quoi je vous conseille de commencer sur trois mois :
Magnésium, Oméga 3, Vitamines du groupe B et C
• Plante adaptogène : Rhodiola
• Plante calmante : Scutellaire américaine (matin) et Passiflore (fin de soirée)
Millepertuis si sentiment de dépression (sauf si vous êtes sous antidépresseur)
Griffonia

Notez les effets ressentis sur 3 à 4 semaines, et adaptez la posologie si nécessaire. Vous pouvez également changer de plante calmante si vous n’avez pas de résultat probant. Encore une fois, ne vous attendez pas à des miracles, le processus est naturellement long, mais, avec ce régime, vous devriez tout de même améliorer les choses (moins de crise, anxiété journalière un peu moins forte, meilleur sommeil).

Attention à la tentation classique de vouloir prendre trop de produits en même temps. Le risque est alors de créer des interactions malheureuses, et aussi de ne pas pouvoir identifier facilement ce qui fonctionne sur vous. Dans mon exemple, je vous propose déjà 4 plantes, voir 5 si vous ajouter le Millepertuis, dans la mesure du possible il convient de ne pas dépasser 5 ou 6 prise différentes simultanément.

Etape 7 : Jusque-là nous nous sommes occupés de votre corps et de votre esprit. Votre âme aussi doit être le centre de votre attention. Repensez au triptyque corps, esprit, âme, qui constitue votre être, même si vous n’en avez pas nécessairement conscience. Si vous êtes croyant, augmentez votre pratique, réservez-vous des temps de prières, si possible de retraite, lisez des ouvrages théologiques, relisez les Evangiles, discutez avec votre curé qui trouvera certainement un moment pour vous. En deux mots, posez votre âme et nourrissez là.

Si vous ne croyez en rien, il est peut-être temps de prendre un moment pour réfléchir à tout cela, pour essayer de ressentir au fond de vous ce qui vous parle, ce qui intuitivement vous attire. Commencez par lire l’Evangile selon Saint Luc, lisez-le comme une histoire. Ce texte est simple, en apparence, et pas très long. Voyez si cela évoque quelque chose pour vous. Marchez en pleine nature et laissez-vous remplir par ce qui vous entoure, pensez au lien qui vous unit à cet environnement. Enfin, prenez un moment pour aller vous assoir au calme dans une église, ou dans un lieu qui vous inspire, que vous trouvez beau et harmonieux, et laissez-vous aller, lâcher prise, recentrez-vous.

En résumé :

1/ Faire le point avec votre médecin, mettre en place un protocole de soin allopathique et alternatif.

2/ Adopter une meilleure hygiène de vie pour soulager votre corps.

3/ Acceptez ce qui vous arrive, mettez vous dans une disposition bienveillante vis à vis de vous.

4/ Reposez-vous ! Cela est nécessaire au corps et à l’esprit…

5/ Pratiquez une activité physique régulière.

6/ Utilisez les vertus de la phytothérapie et de la micronutrition, afin de soutenir au mieux votre corps.

7/ N’oubliez pas votre âme. Vous êtes un corps un esprit et une âme.

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Voilà en 7 étapes ce par quoi vous pouvez commencer. Vous allez rentrer dans une phase de long terme, où il faudra tenir la distance, et où il faudra agir sur plusieurs axes en simultané. A vous de trouver au bout de 1 ou 2 mois ce qui fonctionne le plus avec vous, ce qui vous permet de faire baisser la pression, de diminuer l’anxiété latente et les crises. Ce « régime » ne doit pas non plus devenir obsédant, il doit s’inscrire le plus naturellement possible dans votre vie, et en parallèle il est impératif de maintenir vos projets (voyage, enfant, maison, formation, nouveau job, amour, etc.). Soyez patient, ayez de la compassion pour vous-même, acceptez que cette période de votre vie ne soit pas la meilleure, soyez convaincu que vous vous en sortirez et que vous aurez grandi.

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