Gestion des cycles et cortisol.

Comme vous vous en êtes certainement déjà rendu compte, vous vivez des journées plus calmes que d’autres. Vous oscillez entre attaque, crise, anxiété latente et calme, tout au long du mois. C’est épuisant et déstabilisant, mais c’est ainsi, le trouble de l’anxiété est un état cyclique.

En fonction de la gravité de votre maladie et de son état d’avancement, les alternances bien / pas bien, vont être plus ou moins longues. Ainsi, en début de maladie il est très probable que vous enchaîniez 10 jours d’état anxieux difficiles à gérer, puis 2 ou 3 jours dans un état plus calme où l’anxiété peut être légère voire inexistante, avec parfois certaines « pointes » avec 20 jours dans un état anxieux douloureux sur les plans physique et moral. Quand les choses iront un peu mieux, vous constaterez une inversion dans les cycles, un moment où les journées calmes seront plus nombreuses que les journées difficiles. Sachant que vous devez rester prudent, car vous vivrez des rechutes. Ainsi, même après plusieurs cycles « positifs » avec des périodes calmes, arrivera une période de plusieurs jours difficiles, rien n’est jamais gagné, vous devez vous inscrire dans le temps long

Pour y voir plus clair, comme déjà évoqué dans ce blog, vous pouvez noter votre état jour après jour, selon un barème qui vous correspond, par exemple : Très bien, bien, gérable, difficile, très difficile, prenez en compte votre état d’anxiété, votre état d’énergie et votre état mental. Ainsi, au bout de quelques semaines, vous identifierez vos cycles, pour simplifier la lecture, regrouper ces 5 niveaux en 3 : un groupe très bien et bien, un groupe gérable, et un groupe difficile et très difficile. Avec un tableur type Excel, il vous sera facile d’appréhender sur le long terme le comportement de vos cycles. Profitez-en pour noter en commentaire ce que vous avez fait de notable, ou encore quel type de produit vous avez pris, cela permettra de mettre en avant d’éventuelles influences. Connaitre ses propres cycles est utile, car cela permet de voir ses progrès, et cela permet aussi de s’organiser.


Attention, cette façon de faire est décriée par certains thérapeutes, arguant que cette traçabilité induit une focalisation néfaste sur son état (le fait de trop y penser), et que d’autre part, il existe un risque d’auto-réalisation, dans le sens où si vous avez identifié un cycle vous ferez en sorte (involontairement) qu’une crise arrive parce que cela été « prévu ». Cependant, certains médecins pensent que si cela est positif pour le patient, alors c’est une bonne chose et s’inscrit aussi dans une prise en main de son état. En conclusion, je vous dirai que c’est à vous de sentir si cette façon de faire vous correspond et si cela peut vous aider. Bien entendu, si cela vous semble fastidieux, et si cela vous met une certaine pression, alors ne le faite pas !

D’un point de vue chimique, de nombreux paramètres rentrent en ligne. Mais, un focus peut être fait sur le cortisol. Cette hormone nécessaire à notre corps, est sécrétée par les glandes surrénales à partir du cholestérol. Elle intervient dans divers processus corporels, dont la gestion des cycles circadiens (éveil, repos, nuit, …), ainsi, nous avons normalement un pic de cortisol le matin vers 7H / 8H, puis une diminution de cette concentration tout au long de la journée, pour arriver à une valeur faible vers minuit. Mais, dans le cadre de stress chronique, là où l’adrénaline est générée par « pic » de quelques minutes, le cortisol a plus d’inertie est va rester à des niveaux trop élevés dans le corps sans avoir le temps de redescendre, on parle alors d’hypercortisolémie. Chaque décharge d’adrénaline participant à l’augmentation du taux de cortisol, et, dans un état de TAG, vous avez des pics d’adrénaline très fréquemment tout au long de la journée. Ce taux trop élevé dans votre corps, agit comme un poison et engendre de nombreux désagréments physiques et psychologiques, relatif à la mise en alerte du corps. Vous avez peut-être remarqué que vous étiez en état d’anxiété, voir que vous aviez des crises, dès le matin vers 6H30, 7H ou 7H30, cela correspond au moment où votre niveau de cortisol augmente après la baisse de la nuit.


Au regard de ce mécanisme, il est très probable que votre état général sera meilleur durant les jours où votre taux de cortisol aura fini pas diminuer. D’où, pour partie car d’autres facteurs sont aussi en causes, ces fameux cycles. Si l’on pouvait mesurer votre taux sanguin de cortisol tous les jours, il est presque sûr que l’on trouverait une corrélation avec vos cycles d’humeur et d’anxiété.


D’autre part, à un moment donné, les glandes surrénales peuvent se retrouver épuisées, de fait vous allez être dans un état cette fois-ci d’hypocortisolémie (trop faible taux de cortisol), pouvant conduire à un épuisement général appelé « burnout ». Comme on le voit, tous les processus sont liés et peuvent parfois être cause ou conséquence. Un état de stress prolongé sur plusieurs années finit par épuiser les surrénales, ce qui va entraîner le corps dans une chute, provoquant alors dépression, anxiété et d’autres troubles en fonction des personnes.

Commente gérer ces cycles ? Et bien, encore une fois, il n’y a pas de solution miracle. Mais, le fait de savoir qu’ils existent et qu’ils ont un caractère plus ou moins régulier, vous permet trois choses essentielles destinées à vous aider. D’une part, sachant qu’il s’agit de cycle vous devez être convaincu que vous irez mieux dans quelques jours, comme d’habitude. Cet état d’esprit est rassurant, même si l’anxiété vous empêche de tenir ce type de raisonnement logique, reste que vous savez au fond de vous que cela ne va pas durer.

Deuxièmement, comme ces mauvaises périodes sont bornées dans le temps, quand cela est vraiment trop dur, vous pouvez décider de prendre, à la plus faible dose possible pour vous, un anxiolytique sur quelques jours, de façon à passer ce mauvais cap. Autrement dit, vous pouvez donc adapter un usage de traitement allopathique de façon intelligente et maîtrisée dans le temps.

Enfin, cette notion de cycle identifié doit vous permettre de vous organiser en conséquence : Voilà 2 jours que vous n’êtes pas bien, et vous sentez que l’anxiété devient de plus en plus envahissante. Vous savez que vous en avez encore pour quelques jours, vous pouvez donc vous organiser pour la période à venir. Diminuer ponctuellement votre temps de travail, prendre plus de temps de repos, vous offrir une séance de massage ou de spa, remettre à plus tard une activité, etc. Et surtout, accepter d’être mal durant ces quelques jours, même si cela va être douloureux.

Sur le plan chimique, l’idéal est d’agir en amont en diminuant les décharges d’adrénalines, vous pouvez pour cela utiliser certaines plantes. Des exercices de cohérences cardiaques (respiration) le matin de bonheur avant le pic de cortisol, la pratique régulière d’une activité physique, la méditation, et le fait de réserver un moment dans la journée pour 20 mn de sieste, participent à une diminution de la sur-production de ces hormones.

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