L’homme et la femme ne sont pas égaux face aux troubles d’anxiété et de dépression…

Les sexes ne sont pas égaux face aux troubles d’anxiété et à la dépression, en effet, les chiffres sont édifiants avec 2 fois plus de femmes touchées que d’homme. Le double ! C’est une différence énorme qui se rencontre rarement en médecine.

Quelle en est la raison ? Et bien, à ce jour, le sujet fait toujours débat. Ce qui est quasiment certain c’est que la génétique est en cause, autrement dit la façon même dont l’homme et la femme sont conçus, et notamment toute la partie qui régule les hormones, qui diffère. L’homme n’est pas une femme et inversement !

Un autre point rentre en ligne de compte, il s’agit du mental, ou d’une façon plus générale de la façon dont les hommes et les femmes gèrent les événements de la vie. Pour faire simple, la psychologie et la sociologie ont largement démontré que l’homme avait souvent une approche plus distante plus intellectualisée d’un problème, là où la femme était plus dans le ressenti et la sensibilité. Bien entendu il s’agit de la majorité des cas, il peut donc y avoir parfois des personnes qui ne correspondent pas à cet état de fait.

Mais voilà, si un homme doit faire face à un conflit à son bureau il aura plus tendance à se confronter au problème et parfois à « rentrer dedans », alors qu’une femme le vivra très mal, intériorisera la difficulté et essayera de vivre avec. De même face au stress, le corps masculin aura tendance à développer des stratégies de résistance plus solide, même si cela pourra conduire à la rupture à un moment donné (burnout) ! Ajoutons que la femme subit des variations hormonales plus fortes et plus fréquentes que les hommes, ce qui indubitablement influence ses humeurs, sans parler de nombre important de femmes qui sont sous contraception chimique ce qui là aussi modifie leur cycle hormonal de façon négative.

La façon de traiter un événement traumatique (ou non), et lié à notre physiologie, mais aussi à notre environnement social. Ainsi, si vos parents vous ont habitué à faire face et ne vous ont pas surprotégé, il est certain que vous aurez quelques prédispositions pour appréhender une situation difficile. D’autre part, de nombreuses études démontrent tout l’intérêt et la complémentarité des rôles de père et de mère dans la construction de l’enfant et de la façon dont il gérera les problèmes et l’influence de ses humeurs.

Le Dr Daniel Paquette est professeur agrégé de l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal et ses recherches sont orientées sur le comportement masculin, un des spécialistes reconnus au niveau mondial. Parmi ses diverses études, il a travaillé sur la gestion de l’agressivité. Agressivité qui est en général une réponse à une situation de stress ou une situation de perte de contrôle. Ainsi, certains hommes réagissent dans la violence face à un événement stressant, alors que d’autres non. Le Dr Paquette a rendu des travaux en 2011 qui démontrent que ce comportement adulte est lié à la relation père / garçon. Ainsi, plus un père aura joué à la bagarre avec son fils dès le plus jeune âge, moins le garçon devenu adulte aura tendance à faire appel à la violence comme moyen de réaction face à une difficulté. Dans un article scientifique sur le sujet il est écrit : « Les jeux de bataille sont un exemple de ce que Dr Paquette a nommé la théorie de la relation d’activation. Alors que la théorie de l’attachement est associée au rôle de la mère et a pour fonction de développer une relation. La théorie de relation de l’activation peut se décrire comme une forme ’interaction avec l’enfant qui est moins enveloppante, plus brusque, avec des mouvements plus « ponctués », exposant l’enfant plus facilement à es risques calculés, et ayant pour fonction d’activer les comportements exploratoires de l’enfant. Le Dr Daniel Paquette a grandement contribué à la reconnaissance par la communauté scientifique du rôle positif du père dans le développement de l’enfant, un rôle complémentaire à celui de la mère, primordial pour la régulation de l’agression. » Enfin, les statistiques montrent que les garçons élevés sans père ou avec un père distant font preuve de plus d’agressivité non-contrôlée une fois adulte.

Dans la même ligne, diverses études confirment que les enfants issus d’un environnement familial instable avec l’absence du père ou de la mère, seront soumis à plus de risque quant à une dépression ou d’autres phénomènes du genre au cours de leur vie, ne sachant pas réagir face à un événement troublant.

Ces points démontrent l’influence de l’environnement familiale sur le comportement humain, et dans le cas présent sur la résistance et la réaction face aux événements stressants.

En conclusion, l’homme et la femme ne sont pas égaux face à ce type de trouble, pour diverses raisons la femme y est plus sensible. Non seulement il y a une influence génétique sur laquelle nous avons peu d’emprise, mais il y a aussi une part qui se joue dans l’éducation et la façon dont nous assurons en environnement stable et sain aux enfants, et là nous pouvons faire quelque chose. Ainsi, ce que l’on appelle l’altérité, les rôles d’instincts de père et de mère, se doit d’être respectée et clairement marquée pour que l’enfant se construise le plus harmonieusement possible. Un exercice toujours difficile et stressant (!) pour les parents, mais il faut faire confiance à son intuition, au bon sens, et ne pas trop suivre les modes sociétales…

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