Trouble de l’Anxiété et génétique…

« Je suis anxieux, c’est comme ça, ma mère était très anxieuse, j’ai hérité de cet état, c’est génétique ! » On entend parfois ce type de phrase, et, à juste titre…

Le corps humain est composé de plusieurs milliards de cellules, et, chacune de ces cellules comprendre 46 chromosomes. 23 proviennent de votre mère, et 23 de votre père (c’est la parité avant l’heure !). A l’intérieur de ces fameux chromosomes, se trouvent les gènes, qui sont eux une petite portion d’ADN qui code une protéine. Or, il s’avère que depuis quelques années, la recherche médicale a mise à jour le fait que non seulement nos caractéristiques physiques, comme la couleur de nos yeux, ou encore notre taille, étaient codées par les gènes, mais en plus, ils impactaient notre comportement psychique, nos humeurs, notre façon de voir et d’appréhender le monde.

Il y a donc bien des personnes qui sont naturellement, génétiquement, prédisposées aux troubles anxieux et à la dépression. C’est pour cela que face à un événement traumatisant, comme une scène de guerre ou une agression violente, nous ne réagissons pas tous de la même façon.

Dis comme ça, cela implique que notre comportement est codé, décidée, une fois pour toutes ! « C’est génétique, donc je n’y peux rien », je serai toute ma vie anxieux ou dépressif dès que les choses n’iront pas. Et bien, en fait non ! Car, des recherches encore plus récentes ont mis à jour le fait que notre génétique, notre codage ADN, était modifié par notre environnement, nos expériences de vie, notre éducation, etc. Ainsi, le Dr Michael Meaney professeur à la Faculté de médecine de l’Université McGill détaché à l’Institut universitaire en santé mentale, a prouvé qu’un enfant ayant obtenu des soins particulièrement attentifs de sa mère étant bébé, génère des taux plus faibles de marqueur du stress (adrénaline et cortisol) face à un événement inhabituel. De même, des tests sur des rats de laboratoires ont démontré que des rats ayant été délaissés par leur mère, avaient de moins bons résultats à des tests de mémorisation.

Tout cela relève de ce que l’on appelle l’Epigénétique (modification de la séquence des gènes sans changement de la séquence ADN). Concernant l’homme, une étude très intéressante a prouvé via des dissections du cerveau post-mortem, que le code épigénétique du gène NR3C1 est modifié dans l’hippocampe de personnes victimes de suicide ayant été abusées au cours de leur enfance. Autrement dit, une personne ayant subi des violences sexuelles dans son enfance a vu une partie de son code génétique modifiée, l’amenant à être plus sensible à la dépression et au fait de se suicider.

La bonne nouvelle c’est que ce principe est réversible, autrement dit il est possible que son épigénétique se modifie à nouveau si nos conditions de vie et d’environnement s’améliorent. Ainsi, vivre avec une personne aimante, dans un environnement sécurisant, au calme à la campagne, peut parfaitement modifier votre génétique et vous faire passer d’un état naturellement pathologiquement anxieux, à un état plus neutre. Ce qui explique aussi la nécessité, pour l’esprit et le corps, de s’éloigner de la source de stress dans le cadre d’un burnout.

Il a été aussi prouvé, et cela semble naturel, que cet état de modification de l’épigénétique se joue aussi in-utero. Les sentiments et humeurs de la mère vont influencer la génétique du bébé. Cela peut aller d’une femme enceinte dans un pays en guerre, à celle qui ne désire pas l’enfant, dans ces deux cas, le bébé qui naîtra aura un codage « moins bon » que son frère en humanité, lui né au sein d’un pays en paix et d’une famille qui l’attend avec impatience et amour !

Les principaux éléments qui influencent ainsi notre génétique semblent donc être l’amour dont on a été entouré et le nombre d’événements stressants qui ont ponctué notre enfance. De fait, le cocktail négatif est obtenu pour une personne qui hérite de gènes qui la prédispose aux troubles de l’anxiété, qui a été peu aimée par ses parents (surtout la mère dans les premières années), qui a vécu des éléments difficiles (divorce de ses parents, scène de guerre, violence, etc.), là la situation est très compliquée… De même, notre vie moderne, saturée en information, majoritairement urbaine, plus rapide et stressante chaque année a des effets nocifs sur notre génétique.

Enfin, vous pouvez ne pas avoir de prédisposition génétique, ne jamais avoir ressenti particulièrement de stress et d’anxiété, et pourtant avoir fait un burnout, en effet la génétique est un élément favorisant, aggravant, mais vous pouvez tomber malade indépendamment de vos gènes !

En conclusion, s’il existe indubitablement un terrain génétique qui dans certains cas nous prédispose à l’anxiété et la dépression, rien n’est jamais définitif. Nos chemins de vie peuvent modifier ces états. Aussi, pour vous soigner, il est aussi important de s’accorder du temps, de faire attention à ceux qui nous entoure, de nous éloigner des personnes toxiques et des situations stressantes, de rechercher une forme de calme et de sérénité, ces éléments, de mois en mois, modifieront votre code génétique…

2 réflexions au sujet de « Trouble de l’Anxiété et génétique… »

    1. Et oui… Certaines personnes ont un « terrain » plus favorable à la dépression chronique, et majoritairement les femmes (cf. un de mes articles).

      Si tu as des parents qui sont dépressifs, ou des grands parents, tu augmentes sensiblement ton risque d’avoir hérité de gènes favorisant cet état, c’est ainsi.

      Ajoutons que, si tu as un terrain dépressif (parents dépressifs, dépression saisonnière l’hiver, hyper sensibilité aux événements négatifs, baby blues après naissance, etc.), que tu vis en zone fortement urbaine, que tu as un boulot stressant (ou un événement traumatique au boulot), que tu vis seule ou avec une personne qui ne te convient pas (plus), si tu ne sais pas t’arrêter à temps, si tu penses négatifs, si tu manques de preuve d’amour, et si tu as des événements externes négatifs (amitiés toxiques, parents en divorce, décès dans la famille, etc.) : alors tu coches toutes les cases pour partir en dépression sévère… 😦 La phase précédant étant souvent le « burnout » comme disent les ricains !

      Mais, en corrigeant chaque point, il est possible dans une certaine mesure de changer les choses. Reste que cela n’est pas toujours facile, mais il faut en être conscient, et améliorer le maximum de ce que l’on peut…

      Comme vas-tu aujourd’hui (de 0 à 5 !) ?

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